Etienne Faverjon présentera son arme le 17 janvier à la Section technique de l’Armée de terre. Photo Claude Essertel

Un pari fou. Le jeune patron de « France Armes » se lance sur un marché jusque-là réservé aux entreprises spécialisées. Mardi prochain, il présentera à l’Armée française son prototype pour équiper les soldats.

« C’est un rêve de gamin, un pari, un pied-de-nez, j’en ai bien conscience, mais je pense sincèrement que c’est réalisable ». Étienne Faverjon, 29 ans, un ancien de la nouvelle société Manufrance a conçu et réalisé un fusil d’assaut. Il le présentera le mardi 17 janvier à la STAT (Section technique de l’armée de terre) à Satory, un service qui a en charge les achats de matériels destinés à l’armée française. Ce jour-là, le concepteur sera auditionné, l’arme sera essayée. Ensuite, la STAT émettra son avis auprès des financeurs de la direction de l’armement.

Dans le processus de remplacement du vieux fusil d’assaut Famas, (le « clairon »), toujours utilisé aujourd’hui, un mar- ché d’au moins 200 000 armes, nous sommes dans la phase consultative. Étienne Faverjon sait qu’il sera en concurrence avec des géants, l’allemand Hecler et Koch et le Belge FN Herstall, entre autres, qui proposeront leur fusil.

Quelle chance peut bien avoir l’entreprise individuelle du Stéphanois ? « En France, on n’a plus de fabricant d’armes. Je me suis dit, « On n’est pas plus bête que les autres. On a une tradition. Ici on sait faire. C’est de la mécanique de base. À Saint-Etienne, on a toutes les entreprises de mécanique pour usiner et assembler » explique Étienne Faverjon, dans son petit atelier où il a travaillé sur son prototype. L’ arme qu’il propose « s’inspire du M16, version militaire de l’AR 15 américain » dit-il. Le fusil a de « gros avantages, un système d’emprunt de gaz qui évite l’encrassement, un sélecteur quatre positions, des munitions standardisées OTAN, un entretien simple, des contrôles ambidextres et un prix compétitif (2 200 euros).

Voilà un an et demi que sa petite société France Armes (1) travaille sur le prototype. Il a été réalisé grâce à des sous-traitants stéphanois. « On a tiré plus de 3 000 cartouches, on l’a maltraité, ça marche très bien » dit l’armurier. En attendant de modifier ses statuts et de grossir en capital, en cas de besoin, Il mesure la longueur du chemin, la hardiesse de l’entreprise, mais bon « c’est à tenter ».

(1) La société France Armes, qu’il a rachetée en 2009, est spécialisée dans la réparation d’armes de 1 e et 4 e catégories soumises à autorisation.
Alain Colombet

Source de l’article: Le Progrès – Alain Colombet

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