Faux produits du terroir
Ce sont les seuls produis connus qui ne disposent pas d’Appellation d’Origine contrôlée (AOC), qui ont un nom 100% français et un contenu 100% international…
Certains sont présentés comme les fleurons du terroir, mais quand on y regarde de plus près on découvre que leur appellation est parfois douteuse. Matières premières importées de l’étranger, confection hors-saison, nom prêtant à confusion…
La liste des produits dont nous pouvons nous méfier est la suivante:
* La charcuterie corse,
* Le jambon d’Aoste,
* La moutarde de Dijon,
* Les couteaux Laguiole,
* Le savon de Marseille,
* Les champignons de Paris,
* Le melon charentais,
* Le camembert de Normandie,
* L’huile d’olive du Midi.
* La charcuterie corse : Elle est présentée comme un des plus purs produits du terroir français. Et pourtant : la charcuterie corse ne dispose d’aucune « Appellation d’origine contrôlée ». A moins de se rendre sur l’île, le consommateur ne trouvera sur les rayons des supermarchés du continent que des produits dont les matières premières proviennent souvent d’ailleurs. Ainsi, malgré les têtes de Maure et les mentions « produit de l’Ile de Beauté » sur les étiquettes, le saucisson d’âne est importé d’Argentine et les jambons sont parfois composés de carcasses issues du continent.
* Le jambon d’Aoste : C’est l’un des jambons les plus consommés de France, mais ce dernier n’a rien à voir avec la charcuterie de la ville italienne d’Aoste. Ce produit est en fait fabriqué en France, dans une commune du même nom mais située en… Isère! Et contrairement à son homologue transalpin, qui est un jambon cru, il s’agit d’un jambon cuit. Le subterfuge a fonctionné pendant des années puisque la marque déposée « Jambon d’Aoste » a été la propriété du groupe Aoste (Cochonou, Justin Bridou), leader français de la charcuterie. Il aura fallu que la Commission européenne interdise récemment l’utilisation de cette appellation qui prête à confusion pour que l’ambiguïté cesse. La marque a depuis été renommée « Jambon Aoste ».
* La moutarde de Dijon : Pour faire de la moutarde de Dijon, il faut du vinaigre, de l’eau, du sel et des graines du… Canada! Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la moutarde utilisée dans la préparation de la fameuse pâte ne vient pas de la région de Dijon. Une explication à cette bizarrerie : à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec la mise en place de la Politique agricole commune, les agriculteurs se sont désintéressés de la moutarde, qui ne leur permettait pas de recevoir les subsides de l’Union européenne. Résultat : 90% de la production utilisée pour la moutarde de Dijon provient maintenant du Canada.
* Le couteau Laguiole : L’abeille, la lame fine légèrement relevée, la croix sur le manche… Beaucoup croient que ces symboles apposés sur les couteaux de Laguiole sont des signes d’authenticité. Erreur ! Ils viennent certainement directement de Chine !! Malgré leur charme et leur beauté, elles n’attestent ni de l’origine du couteau ni de sa qualité de fabrication. Parce que la marque du plus célèbre des couteaux français n’a jamais été déposée, Laguiole est depuis plus d’un siècle l’objet de contrefaçons en France et à l’étranger. Résultat : moins de 40% des laguioles sont fabriqués dans le bourg aveyronnais ! Une situation qui devrait changer d’ici peu. Pour lutter contre la contrefaçon, les fabricants locaux ont récemment adopté une appellation « Laguiole origine garantie » (vous pouvez trouver les coordonnées de ces fabricants dans le REPERTOIRE)
* Le savon de Marseille : Avec le pastis et la lavande, c’est l’autre symbole de la Provence. Seul hic, tous les savons estampillés « savon de Marseille » ne sont pas fabriqués dans le Sud-est. Car si les savonniers marseillais ont inventé le procédé de fabrication au Moyen-âge, l’appellation n’est pas protégée. Résultat : les plus gros fabricants sont aujourd’hui Chinois et Turcs. Et les huiles végétales utilisées pour la fabrication du savon, notamment l’huile de palme, proviennent souvent de l’étranger, les savons passant à Marseille uniquement pour être améliorés. Pour protéger l’authenticité du savon, la filière provençale a élaboré une charte de qualité qui rappelle la recette à respecter. Mais difficile pour le consommateur de faire la différence en un coup d’œil …
* Les champignons de Paris : De Paris, ils n’ont que le nom. Pire: la majorité d’entre eux viennent de l’étranger, les rayons des supermarchés regorgeant le plus souvent de champignons issus des États-Unis, de la Chine ou des Pays-Bas, les trois principaux pays producteurs. En France, s’ils ont pendant longtemps été élevés dans la capitale, les fameux champignons ne poussent désormais plus qu’à Saumur. La ville dans le Maine-et-Loire regroupe 70% de la production nationale.
* Le melon charentais : C’est l’emblème du melon français. Jaune ou vert, le melon charentais fait la fierté des producteurs de la région de Cognac où les sols argilo-calcaires sont parfaitement adaptés à sa culture. Mais contrairement à son cousin de Cavaillon, le melon de Charente ne possède pas d’AOC. Résultat : hormis pendant l’été, les melons charentais que l’on trouve sur les étals ne viennent pas de Cognac mais d’Espagne et du Maroc ! En hiver, le marché de contre-saison est carrément approvisionné par les Caraïbes et le Sénégal…
* Le camembert : Emblème de la gastronomie française, le camembert de Normandie est de loin le fromage le plus copié dans les rayons des supermarchés. Une explication à ce phénomène : tombé dans le domaine public, le nom « camembert » peut-être utilisé par n’importe quel producteur de n’importe quel pays. Et malgré une AOC « Camembert de Normandie », qui existe depuis 1983, de nombreux fabricants utilisent le terme très proche de « Camembert fabriqué en Normandie ». Les différences : du lait pasteurisé au lieu du lait cru, un affinage raccourci et une fabrication qui n’est soumise à aucune règle. Ils sont présentés comme les fleurons du terroir, mais quand on y regarde de plus près on découvre que leur appellation est douteuse. Matières premières importées de l’étranger, (lait en provenance de Chine ou du reste d’Europe). Étiquetage souvent mensonger, additifs non précisés, fabrication hors des limites de la région ou seuls existent de vagues bureaux de courtiers.
* L’huile d’olive : Rare et chère, l’huile d’olive française est certainement le produit qui compte le plus d’étiquetages frauduleux. En 2006, seulement 56% des échantillons analysés étaient « conformes » à la réglementation, certaines bouteilles contenant jusqu’à 50% d’huile de tournesol ou présentant une fausse indication d’origine ou de variété d’olive. Le symbole de la cuisine méditerranéenne ne comptant que 7 appellations d’origine protégée et une AOC « Huile de Provence », de nombreux producteurs jouent en effet sur la confusion en ajoutant sur les étiquettes des paysages évoquant le Sud ou des origines non-reconnues comme « huile de Provence-Côte d’azur ». Sans parler de l’une des fraudes les plus courantes qui consiste à remplacer l’huile d’olive par l’huile de grignons d’olive, un résidu de la pâte d’olives difficile à détecter pour le simple amateur.
Les producteurs étrangers ont trouvé la faille pour profiter de l’image France tout en fabricant chez eux: lancer des produits en y apposant des appellations qui n’ont pas été protégées. Les producteurs de Champagne, par exemple, ne parviennent pas à récupérer leur nom aux Etats-Unis, où le mot est devenu un terme générique.


















pour déjouer les fumisteries :
relocalisez vos achats en vente directe et naturelle, bio,
commerce équitable local. C’est vous qui avez le pouvoir
de délocaliser ou non vos emplois ou ceux de vos voisins
par vos actes d’achat, de réduire les impacts de la
pollution, de la chimie, de la santé publique et de tout ce
qui nuit à l’avenir de nos enfants.
Le site http://achetons-francais.net est-il fait en France?
Bonjour,
Oui, le site est hébergé en France. Il aurait été curieux qu’il soit fait par un grec et hébergé aux USA, vu les thèmes abordés …
Cordialement,
François
Heureusement, que le Foie Gras est un produit super protégé et que des associations de fous furieux veillent pour que cela n’arrive jamais …
Et dire que les chinois viennent de découvrir le foie gras et qu’ils en produisent. Mais n’en exportent pas pour l’instant.
Amitiés … Marie
Un seul mot: renfort de la politique de labellisation.
Sans cela, c’en est mort de la « marque » France.
Désastreux…
Je tombe dénue en lisant cet article!!! surtout pour la moutarde de Dijon!!
Merci à vous pour ces infos!
« Tomber des nues » serait sans doute plus Français…!