Qu’est-ce que le patriotisme économique ?
Le patriotisme économique désigne un comportement spécifique du consommateur, des entreprises et des pouvoirs publics consistant à favoriser le bien ou le service produit au sein de leur nation ou de leur groupe de nations.
Pour les partisans d’une politique de patriotisme économique, il s’agit de promouvoir l’excellence économique du pays.
Il est parfois lié à l’hostilité aux acquisitions par des groupes étrangers d’entreprises considérées comme stratégiques pour l’économie du pays.
Définition du patriotisme économique:
La définition du patriotisme économique n’existe pas vraiment. Mais le concept est contraire à l’idée de concurrence libre et non faussée prônée, notamment, par la Commission européenne. On peut l’analyser comme l’intention de la part du consommateur, d’entreprises ou d’États, de favoriser les entreprises et les productions au sein de leur nation.
Objectifs
L’objectif est de soutenir l’activité économique et la cohésion sociale. Les partisans du patriotisme économique l’assimilent à une légitime défense d’intérêts économiques locaux Certaines des méthodes utilisées visent à bloquer la concurrence externe et sont ainsi considérées comme du protectionnisme.
Les actions menées par le gouvernement français sous la bannière du patriotisme économique ont toutefois généralement été peu suivies d’effets mesurables, par exemple dans le dossier emblématique du rachat d’ Arcelor par Mittal Steel.
Intervenants, domaines, critères
Les initiatives pour atteindre ces objectifs peuvent être d’origines diverses, publiques ou privées. La forme principale est d’ordre étatique (étatisme) en visant à créer les conditions permettant aux autorités politiques et administratives d’intervenir de façon censée plus judicieuse dans les choix économiques selon les critères annoncés (ici la sauvegarde des intérêts de la « patrie »).
Ces critères peuvent différer de ceux de la rentabilité financière à court terme qui serait imposée de l’extérieur par une mondialisation non maîtrisée. En ce sens le patriotisme économique rejoint certaines thèses de l’altermondialisme et du souverainisme.
Au niveau organisationnel, l’objectif affiché d’accroître la compétitivité de l’économie et la cohésion sociale se traduit par la stimulation du développement économique des territoires, en structurant les relations des organismes territoriaux avec les entreprises qui y sont implantées.
* Le versant défensif vise à protéger des prises de participation non anticipées de type OPA hostile (Danone, Arcelor…).
* Le versant offensif a au contraire pour objectif affiché de stimuler l’émulation et la compétitivité en définissant des stratégies d’anticipation structurées et innovantes.
Origine de l’expression
Issue du rapport du député UMP Bernard Carayon, Intelligence économique, compétitivité cohésion sociale, l’expression « patriotisme économique » a été employée à cette occasion par le Premier Ministre Dominique de Villepin le mercredi 27 juillet 2005 au cours d’une conférence de presse à la suite des rumeurs d’OPA hostile sur Danone.
Suite à ses travaux sur l’intelligence économique, Bernard Carayon a développé le concept de « Patriotisme économique« . Il estime que le patriotisme économique se justifie par l’intérêt pour tous de la « protection » d’une industrie spécifique, au nom d’une solidarité d’intérêts : « il n’y a pas d’intelligence économique sans solidarité d’intérêts et d’affection ». Il estime que « le patriotisme économique n’est pas plus un nationalisme qu’un conservatisme: c’est le garant de la cohésion sociale, un catalyseur d’énergie ». Il se justifierait par les « risques » de la mondialisation : « délocalisations, fuite de nos cerveaux, perte de la maîtrise ou déstabilisation de nos entreprises petites ou grandes ».
Dominique de Villepin avait a notamment évoqué la « protection » des entreprises jugées stratégiques ou situées sur des marchés sensibles. Il s’agit alors de désigner des secteurs stratégiques – tels la recherche ou la sécurité des systèmes d’information – et de notamment réglementer les acquisitions (OPA) des sociétés par des capitaux étrangers. Un décret visant la protection des secteurs jugés stratégiques par l’État a été publié au Journal officiel du 31 décembre. Il précise 11 domaines concernés, incluant la recherche, la production en matière d’armement ou toute industrie fournissant le ministère de la défense, les systèmes de technologies de l’information pouvant être utilisés dans le domaine civil et militaire, la sécurité privée, la lutte contre « l’utilisation illicite, dans le cadre d’activités terroristes, d’agents pathogènes ou toxiques », la cryptologie, les systèmes d’interceptions ainsi que les jeux d’argent.
Une pratique courante
Le patriotisme économique est pratiqué par la majorité des pays, y compris par la première puissance au monde, les États-Unis. En 2005, le China Daily, un journal chinois sous contrôle gouvernemental écrivait que « les États-Unis ne sont pas une économie libre, contrairement à ce qu’ils affirment ». A cette époque, Washington s’est opposé au rachat par le groupe pétrolier chinois Cnooc de son concurrent américain Unocal. Interrogé au moment de l’affaire Danone-PepsiCo, le nouvel ambassadeur américain à Paris avait déclaré qu’il trouvait cela « bien ». « Nous connaissons cela aussi », avait-il ajouté.
Ainsi, les États-Unis disposent d’un Comité pour l’investissement étranger aux États-Unis (CFIUS) chargé d’évaluer les acquisitions d’entreprises américaines et composé de 11 agences US, incluant les départements de la Défense, du Trésor, et du Commerce, de même que le département de la sécurité intérieure.
Les États-Unis ne se priveraient d’ailleurs pas d’employer les réseaux et technologies informatiques dans le sens de leurs intérêts économiques (Echelon).
L’Espagne a quant à elle opté pour une réponse similaire à la France dans le domaine de l’énergie. Elle a soutenu une fusion de ses deux plus grandes entreprises en gaz et en électricité, Gas Natural et Endesa, face à la tentative d’OPA de l’Allemand E.On. De plus, l’Allemagne protège farouchement le groupe Volkswagen de toute ingérence étrangère par une forte participation publique des Länder.
Côté allemand, l’heure est au protectionnisme. Le ministre allemand des Finances (SPD), Peer Steinbrück, a indiqué, le 5 juillet 2007, que le gouvernement d’Angela Merkel voulait protéger ses entreprises des appétits des capitaux étrangers. Berlin souhaite particulièrement se prémunir contre les fonds de pension, en menant une politique industrielle active. L’Allemagne est la première puissance industrielle d’Europe et la troisième mondiale derrière les Etats-Unis et le Japon.
La Chine, l’ Inde, la Russie ou encore les différents pays d’Amérique du Sud protègent aussi leurs marchés; seule la Commission européenne se heurte régulièrement aux états européens qui souhaitent adopter des mesures plus protectionnistes. La Communauté européenne est en effet l’un des marchés les moins protecteurs de ses intérêts économiques.


1. J. Bizet, R. Bret, H. Haenel et R. Ries, « Les instruments de défense commerciale de l’Europe », rapport d’information fait au nom de la délégation pour l’Union européenne du Sénat, 29 mars 2007
Le « taux de protection » moyen des différents États est le ratio entre le nombre de mesures antidumping en vigueur et le montant des importations.
Le Royaume-Uni apparaît aussi comme un véritable adepte du libre-échange. Sous son mandat, la banque britannique Abbey National a été rachetée par des Espagnols, Rover par des Chinois, Allied Domecq (alcools et spiritueux) par des Français et ces derniers ont même convoité BPB (leader mondial du plâtre) et le London Stock Exchange. Toutes ces fusions ont eu lieu sans que le gouvernement britannique ne réagisse.
En France, le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations, Augustin de Romanet, s’est déclaré favorable à la notion de « patriotisme économique », la considérant comme une « évidente légitimité », si elle ne se confondait pas avec le nationalisme. « Dans un monde dans lequel il y a une guerre économique, il est important de favoriser ceux qui veulent se développer. S’il se trouve que cela leur permet de rester en France tant mieux ». Il a ajouté que « ce n’est pas parce que vous aidez une entreprise sur votre territoire que ce n’est pas bien. Le patriotisme économique, au fond, c’est l’action qui consiste à ce que les entreprises soient le plus prospère possible en France. Je suis convaincu que le patriotisme américain existe, que le patriotisme chinois existe, que le patriotisme hongrois existe. Ils ont raison d’exister. Lorsque ces patriotismes économiques existent, il faut que nous soyons patriotes ».



















Il y aurait-il un site, un blog ou un forum ou on pourrait dénoncer des choses.
Par exemple, je travaille pour le sous-traitant d’un sous-traitant du *** [une grande marque du Luxe] et des présentoirs vont être 100% assemblés en Chine même si quelques éléments sont faits chez nous. Si même le luxe s’en va, que nous reste-t-il ?
A bientôt